Billet d’humeur

Publié le : 02/08/2019 12:00:25
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Billet d’humeur

Bienveillance et Résilience, mots à la mode ? Recadrage à travers notre discipline.

  

« Bienveillance » a été couronnée, terme de l’année 2018 par le Robert. Je ne voudrai faire de  prémonition mais je mise sur l’élection de « résilience » pour la succession.

Avec, certes, l’utilisation de ce vocabulaire, nous pouvons voir une évolution en cours des mentalités fondée sur l’estime, le respect de soi et des autres. Face à la tourmente de l’actualité, le rythme soutenu de la vie d’aujourd’hui, on perçoit ce vif mouvement d’intérêt pour l’Humain. En tant que « facilitatrice » de la vie sociale, cette montée et cette nouvelle conscience de “remettre l'humain” au centre des préoccupations et donc au cœur de toutes structures devrait me satisfaire. Je m’agace cependant de « l’exploitation » permanente de formules mielleuses dans lesquelles « Bienveillance » « Résilience » deviennent dépourvues de sens. Je prône toujours l’ouverture mais « Non » à la vulgarisation. Je séquestre et préserve donc, le temps de cet écrit ces deux termes. Je les veux intacts, purs dans l’usage de notre profession de relation d’aide.

 

Il y a encore peu, une seule définition pour la résilience, faisant référence à la résistance des matériaux aux chocs, nous orientait sur sa signification première. Aujourd’hui le concept de résilience appliqué aux Science Humaines est abordé. Quand ce terme retentit c’est le nom de Boris Cyrulnik qui surgit à notre esprit. Mot et Nom sont plus que liés puisque l’éthologue, neuropsychiatre et psychanalyste en a permis la diffusion avec son riche travail de recherche et d’écriture.

Pour la définir simplement, non loin de son origine physique, Boris Cyrulnik évoque la résilience comme « la reprise d’un nouveau développement qui permet le bien-être après un fracas traumatique, après une agonie traumatique»(1). La résilience, en psychologie, désigne la capacité de se refaire une vie et de s’épanouir en surmontant un choc traumatique grave. Il s’agit donc d’une qualité personnelle permettant de survivre aux épreuves majeures et d’en sortir grandi malgré l’importance de la destruction intérieure, subie lors de la crise. On parlera donc de personnes résilientes dans le cas d’individus qui ont cette «aptitude à faire face avec succès à une situation représentant un stress intense en raison de sa nocivité ou du risque qu’elle représente, ainsi qu’à se ressaisir, à s’adapter et à réussir à vivre et à se développer positivement en dépit de ces circonstances défavorables»(2).

Des chocs plus ou moins violents, des événements de vie dont l'intensité, associée à l'incapacité d'y répondre et d’y faire face, provoquent des dysfonctionnements avec des effets pathogènes dans l'ensemble de l'organisation de la vie d'une personne. Une reconstruction est possible et la reprise d'un nouveau développement peut se faire, par exemple, avec la sophrologie. L’objectif de la sophrologie est de développer la conscience de l’individu ce qui lui permet d’accroître son adaptabilité aux changements permanents de son existence et de sa vie en société. La sophrologie au service de la résilience peut apporter des réponses à la souffrance de la personne traumatisée et l’accompagner dans un développement positif. En premier lieu, le suivi sophrologique permet de rompre avec l’isolement qui bloque la possibilité de reprendre un développement, avec le non-sens révélant de l’impossibilité ou de l’incapacité à faire un récit de ce qui s’est passé et avec  la honte. Les techniques mises au point par le professeur A. Caycedo opèrent en faveur des personnes qui ont à faire face à des événements importants dans leur existence. La sophrologie n’efface pas les épreuves mais elle apprend à résister aux traumatismes, en faisant appel à la confiance enfouie  et permet de supporter et d’avancer en  diminuant notamment les ruminations grâce à la prise de distance par rapport à la dite situation. Il convient de rappeler que le sophrologue ne se substitue pas au travail médical d’autres professionnels ; qu’il vient en renfort de psychologues, psychiatres lors de certaines pathologies. La sophrologie fait partie des thérapies qui "permettent aux gens de monter la première maille du tricot qui va permettre ensuite de tricoter". Boris Cyrulnik(3)

Une personne amorçant un accompagnement thérapeutique, sophrologique ou autre, prend la responsabilité de sortir de son cycle.  Elle n’a pas choisi ce qui lui est arrivé, mais elle choisit ce qu’elle va faire avec ce vécu afin de ne pas être une victime de ce parcours. Il s’agit de se construire la vie que l’on souhaite car tout ce dont on a besoin, est à l’intérieur de nous-même.

Le Sophrologue se place en « tuteur de la résilience » Boris Cyrulnik(4), grâce à l’écoute, le non jugement et la confiance. La personne est dans un environnement sécure, bienveillant, dénué de toute censure morale, un point d’accroche pour reprendre force et vie.

 

La bienveillance….. Ouh, j’inspire, j’expire, je souffle pour faire passer ce petit pic de nervosité… La bienveillance, à toutes les sauces dans les discours, renvoie, à l’image du petit ours chocolaté à l’intérieur de guimauve. Et si au cabinet, j’accompagne chaque sophronisé à leur rythme et donc en douceur, je revendique une autre connotation du terme, son sens légitime et sa droiture.

Le Larousse définit au sens général de la langue française : « Disposition d'esprit inclinant à la compréhension, à l'indulgence envers autrui ». Appliquons là, alors avec bon sens. Adoptons la tolérance, le respect permettant de vivre en société en bonne intelligence. Ayons un comportement adapté, équilibré sans laisser de côté notre assertivité.

En sophrologie la bienveillance se place à deux niveaux. Elle concerne le sophrologue et le sophronisé. De par sa posture, le sophrologue reçoit le sophronisé sans jugement sur ce qui fait son histoire et qui il est. Une relation de confiance, l’alliance s’instaure au rythme des séances, grâce à son écoute et son attitude rassurante basée sur le principe de réalité objective.

L’adjectif de « bienveillant »  est aussi attribué au sophronisé puisqu’il lui est demandé d’être bienveillant envers lui-même. La bienveillance commence par soi, s’accepter soi-même et se montrer bienveillant envers soi : Cela implique de se mettre à l’écoute de son corps, d’accepter ses ressentis et ses émotions sans les juger. L’entraînement sophrologique ne peut se faire qu’avec bienveillance.

 

Je continue ma route assertive avec bienveillance. Sur ce point de vue bien singulier, je vous encourage, malgré l’adversité, sans injonction à positiver, à apprécier tous les trésors de votre existence.

 

EL. Autognosista

Sources :

(1) Boris Cyrulnik. «Résilience, pratiques d’intervention», conférence du congrès «Résilience, intervention en contexte d’adaptation et de réadaptation», Montréal (2008)

(2) Le grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française.

(3) Boris Cyrulnik. Traumatismes et résilience - 46e Congrès de la Société Française de Sophrologie. Jean-François Fortuna-Claude Chatillon (2014)

(4) Boris Cyrulnik. Les vilains petits canards - Sauve toi la vie t’appelle. Un merveilleux malheur.

Psychologie.com. Boris Cyrulnik : le penseur de la résilience. 

Psychologies.com. Qu'est-ce que la résilience ?

Matransformationintérieure.fr. Trois facteurs qui empêche la résilience.

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